Des histoires venues d’ailleurs

L’arabe résonne comme la musique ; danse avec la langue française, dans une farandole de contes magiques magnifiquement illustrés : « Yassir la chance » et « Mahboul le sage » ou encore « Le ventre de l’arbre ». Halima Hamdane, la tête enserrée dans un beau turban bleu, accueille MigranStory avec un grand sourire. Elle nous présente son nouveau roman : « Le chaos de la liberté » ainsi que plusieurs contes.

Halima Hamdane vit à Paris depuis de nombreuses années. Un parcours choisi, dit-elle. Née au Maroc, c’est en 1986 que la jeune femme débarque dans la ville lumière pour y faire sa thèse à la Sorbonne : « Le regard dans la littérature marocaine d’expression française ». La vie parisienne lui plaît, au bout de 4 ans, elle décide de rester.

Elle enseigne à l’Université durant 10 ans jusqu’à ce qu’elle découvre les ateliers de contes. On y raconte des histoires venues d’ailleurs. Elle aime particulièrement ce retour à la tradition. Au Maroc, nous dit Halima, les contes ont une grande importance. Elle décide de s’y dédier et démissionne pour en faire son métier à plein temps.

Le résultat est surprenant, que l’on soit enfant ou adulte, ses contes sont un ravissement pour l’ouïe. Sur fond de musique arabe (un oud -instrument à cordes pincées voisin du luth- joué par Sofiane Negra) la voix d’Halima captive l’attention. Les récits sont magnifiques. Ludiques, on y apprend des mots dans sa langue maternelle, agrémentés par les très belles illustrations d’Aurélia Fronty.

Et s’il fallait ajouter quelque chose à ce bel ensemble, les livres publiés sont imprimés sur papier composé de fibres naturelles renouvelables, recyclables, fabriqués à partir de bois issus de forêts gérées durablement.

Le mélange des cultures et la protection de l’environnement, que demander de plus ?

« Le métissage des cultures, un concept en harmonie avec MigranStory »

Habiba, l’héroïne de son nouveau roman, Le Chaos de la liberté, se penche sur son passé pour comprendre son présent douloureux. Pour se faire, elle va « cultiver son espace intérieur ». Et « dans le retour sur soi, l’écriture agit comme une révélation ». Entre amour et culpabilité, le dialogue et une certaine lucidité mènera-t-il vers une fin heureuse ? Une histoire qui semble être inspirée de moments de vie d’Halima Hamdane. MigranStory ne vous en dévoile pas plus, pour vous laisser le loisir de découvrir ce beau roman empreint de liberté.

« Le pont entre la tradition orale marocaine et un mode romanesque intimiste »

Julia Garlito Y Romo – MigranStory : Pensez-vous, aujourd’hui, avoir réussi ?

Halima Hamdane : Oui. Je fais connaître ma tradition, mes romans encrés au Maroc sont mes racines présentes.

« Faire sauter les barrières »

JG – MigranStory : S’il fallait construire un monde aujourd’hui, comment serait-il pour vous ?

HH : Un monde sans frontières où on accepte l’autre. Faire sauter les barrières. Nous sommes tous humains. Le racisme mène le monde à sa perte.

JG – MigranStory : Le mot de la fin ?

HH : Je suis pour la tolérance et le partage. Chacun mène la vie qu’il veut, il faut juste accepter l’autre pour qu’il nous accepte aussi. Ce ne sont ni les vêtements, ni la langue : les enfants entre eux communiquent sans comprendre la langue.

Interview réalisée par Julia Garlito Y Romo